Les promotions Laborintus, Acustica et Prometeo ont exposé à City Sonic à Mons en Belgique du 14 au 25 septembre à La Maison du Design et dans la Halle des Abattoirs de Mons.
Pendant le vernissage…
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Sample Text
© Peter Gannushkin – downtownmusic.net
Issue d’une intention musicale ou non, l’activité des sons donne une sensation de l’espace dans toutes les directions et si l’on est attentif à cette sensation, on s’aperçoit vite que l’on n’est pas au centre de nos perceptions mais sans cesse en mouvement dans l’espace même de ces perceptions. Parce qu’on dirige celles-ci vers des directions, soit volontairement, par jeu, par intérêt, par expérimentation, soit attiré par un événement sonore, l’espace perçu n’a pas de forme fixe nous permettant de nous y trouver de manière stable. N’est-on pas sans cesse déplacé dans l’espace qui à la fois se révèle et se crée ainsi ? Alors qui écoute quand on écoute ? Y a-t-il en soi un point fixe d’où part notre désir ou notre refus d’écoute, à qui parfois s’impose l’écoute, à qui l’écoute est donnée ? Quel serait ce point fixe ? Plus l’imagination se projette vers lui, plus il disparaît, plus son idée même est fugitive. L’écoute est déplacement, migration, glissement perpétuel où les directions s’évanouissent d’être sans repères. [2014]
Extrait de Improviser librement. Abécédaire d’une expérience de Lê Quan Ninh, publié aux éditions Mômeludies / CFMI de Lyon
Au croisement de ses activités dans le champ de la création radiophonique, de la musique électroacoustique au cinéma et de la composition musicale, et de la pédagogie, Philippe Langlois dresse un panorama de ses travaux, et de ses réflexions sur la fonctionnalité du son et de la musique dans ses multiples liens possibles d’autres médias. Une discussion avec les participants du séminaire a suivi cette présentation.
Philippe Langlois est Docteur en musicologie, chercheur à l’IReMUS— Institut de Recherche en Musicologie— au sein de l’Observatoire Musical Français (Paris IV/Université de Paris Sorbonne), membre du comité scientifique du laboratoire Création sonore de l’Université de Montréal, et professeur d’enseignement artistique à l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts Tours-Angers-Le Mans où il co-fonde le Master Design sonore et enseigne l’histoire et la théorie du sonore. Producteur radio à France Culture de 1999 à 2011, il coordonne de nombreuses émissions dont l’Atelier de création radiophonique, programme culte dédié à la création sonore. Il est l’auteur de l’ouvrage Les Cloches d’Atlantis, musique électroacoustique et cinéma, archéologie et histoire d’un art sonore paru aux éditions mf en juin 2012.
Aujourd’hui, il co-dirige la collection ZagZig aux éditions Dis Voir, crée des environnements sonores et des bandes son pour des films, des installations plastiques, des expositions, des performances, des productions radiophoniques. Il travaille actuellement aux côtés de Manuela Morgaine, Natacha Nisic, Frank Smith, Véronique Caye, Vivianne Perelmuter… En 2015, il reçoit le prix de la meilleure musique de films pour Loups solitaire en mode passif de Joanna Grudzinska dans le cadre du Festival La Cabina, Festival International du moyen métrage de Valencia (Espagne)
© Daniel-Palacios
Depuis 2003, City Sonic, festival international des arts sonores initié par Transcultures, Centre des cultures numériques et sonores, déploie, chaque année pendant plusieurs semaines, un parcours d’installations inédites qui métamorphosent des lieux patrimoniaux, insolites, privés, publics… intérieurs et extérieurs du centre de la ville de Mons (Belgique) qui fut Capitale européenne de la culture en 2015. City Sonic propose également des performances, ateliers, rencontres… et travaille en lien avec un réseau important de partenaires belges et étrangers. Ce festival de création in situ ouvre les portes à différentes esthétiques de la création audio, dans sa diversité contemporaine, avec outre des références historiques et des œuvres internationales, un souci particulier pour les « émergences sonores » (notamment via des partenariats avec des écoles d’art belges et françaises).
Son directeur artistique et initiateur Philippe Franck (également responsable de l’ouvrage collectif City Sonic, les arts sonores dans la cité paru aux éditions La Lettre Volée, 2015) retrace, en s’appuyant sur des exemples audio et vidéo, les principaux enjeux, écueils de cette aventure singulière et développe sa vision ouverte et transversale des arts sonores dans l’espace urbain.
Nous aborderons, au travers d’une experience personnelle, un ensemble d’approches singulières de ce qui ne pourrait potentiellement ne pas être autant ce qu’on ne voudrais pas considérer comme étant si ce n’est de la musique, tout du moins du bruit, et voir même de l’art… ou pas… De la notion de support comme mémoire et comme medium à part entière, des éditions, labels, anti-record, installations, et autres mises en forme d’un immatériel que l’on nommera bruyamment le son. Sa technique, sa psychologie, ses enjeux, ses fictions, sa socialisation, ou son rapport temporel, sont les ingrédients d’une reflexion partant du sonore et se projetant dans, et parfois contre le monde environnant.
BIOGRAPHIE
Yann Leguay réalise un travail sur la matérialité du son et cherche à plier cette réalité sur elle-même en utilisant des moyens simples sous la forme d’objets, d’éditions, de vidéos ou lors d’installations et de performances qu’il réalise dans divers lieux et festivals internationaux. Actif sur la scène expérimentale depuis 2007 et défini comme « media saboteur » par le label Consumer Waste, son approche très directe et sans concession des normes admises en musique l’amène à utiliser des outils non-conventionnels dans ses concerts. Une disqueuse pour découpé microphone amplifié jusqu’à la perte du signal ou encore des disques durs comme tourne-disques. Ses productions résultent aussi de ses déviances : disques vinyle 45T sans trou central, album composé d’enregistrements de vinyles rayés au scalpel, ou de lecteurs CD défaillants… Il créé son propre label, Phonotopy, qui propose une approche conceptuelle des supports d’enregistrement et dirige la collection DRIFT sur le label Artkillart, une édition vinyle sur lequel les sillons s’entrecroisent et se superposent provoquant leur lecture aléatoire.
Christian Marclay , Guitar Drag, 2000 et ma note
La place du son dans la création moderne et contemporaine désigne l’histoire des techniques d’enregistrement et de reproduction du son, ainsi que l’histoire des images à l’ère de leur reproductibilité, dès l’émergence du cinéma à l’orée du XX° siècle. Entendu dans toutes ses acceptions (bruit, vocalité, musique) le son désigne également la mise en question du domaine de la musique et ses limites. En outre, la mise en exergue du son accompagne une réflexion sur la porosité des espaces d’expression, sur un dialogue fécond entre des différentes disciplines artistiques pour une dé-définition de l’œuvre.
Enfin, l’attention au son qualifie le régime allographique de l’art: la notation, l’enregistrement et la diffusion radiophonique ici et ailleurs, comme régime ontologique des œuvres contemporaines, qualifiant toute l’aventure esthétique du XX° siècle, et l’écoute comme acte d’énonciation. Un panorama de la création sonore contemporaine constituera le premier volet de l’intervention de Pascale Cassagnau et sera suivi de la présentation du film Conversation secrète. Le film -dispositif Conversation secrète (1974,109’) de Francis Ford Coppola met en exergue le son comme l’un des éléments dialogiques fondamentaux du cinéma. Le film constitue une chambre d’écho, déterminant un espace-temps spécifique, entièrement mobilisé par l’écoute.
BIOGRAPHIE
Pascale Cassagnau est Docteur en histoire de l’art et critique d’art, Inspectrice générale de la création et des enseignements artistiques du Ministère de la culture et de la communication (1998-2008), responsable des collections audiovisuelles et nouveaux médias au Centre national des arts plastiques /Ministère de la culture depuis 2008.
Elle collabore à Art Press depuis de nombreuses années. Elle est l’auteur de textes sur Chris Burden, James Coleman, John Baldessari, Pierre Huyghe, Dominique Gonzalez Foerster, Matthieu Laurette notamment. Ses recherches portent sur les nouvelles pratiques cinématographiques, dans leur dialogue croisé avec la création contemporaine.
Son essai Future Amnesia – Enquêtes sur un troisième cinéma (Ed Isthme) cartographie ces nouvelles formes filmiques, entre fiction et documentaire. Un pays supplémentaire (Ed Ecole nationale des beaux- arts de Paris) porte sur la place de la création contemporaine dans l’architecture des médias. Intempestif, Indépendant, fragile. Marguerite Duras et le cinéma d’art contemporain, est paru aux Presses du réel en 2012. Une idée du Nord, Excursions dans la création sonore contemporaine (Ed. Ecole des beaux-arts de Paris) est un essai qui porte sur la place du son dans la création contemporaine, paru en début 2015. Apichatpong Weerasethakul, Une théorie des objets personnels (Les Presses du réel), ainsi qu’un essai Diagramme Monteiro, sur Joao Cesar Monteiro, en collaboration avec Hugues Decointet, sont à paraître début 2016.
Mon travail est conçu comme une aventure artistique qui explore les frontières entre le langage, la musique et l’espace. Les œuvres correspondent à des “explorations” polymorphes aux confins de la langue, du chant et du paysage. Mes explorations des langues sifflées m’ont conduite en Espagne (Iles Canaries/La Goméra), au Mexique (Etat de Oaxaca), en Chine (Province de Guizhou), explorations que jʼai poursuivies par des recherches autour des langues bourdonnées (chant dyphonique Tuva en Mongolie Russe) et enfin autour des instruments parlants (percussions Inde).
Situations d’écoute et le temps comme surface à partir de la musique de Morton Feldman
Artiste peintre et vidéaste, Mario Côté vit et travaille à Montréal. Depuis 1994, il enseigne à l’École des arts visuels et médiatiques de l’Université du Québec à Montréal. Il est membre actif au sein du Centre de recherche en arts médiatiques Hexagram/UQAM. Il dirige les groupes de recherche : ARC_PHONO (2005-2012) et ARC_DANSE (2009-2015).
Il s’intéresse, en vidéo, à la notion de « corps-danseur » et de « corps-lecteur » et à la notion de « traduction interdisciplinaire » en peinture en transposant plusieurs pièces musicales du compositeur américain Morton Feldman.
Une rétrospective de son travail pictural et vidéographique portant le titre Tableau (2002) a été présentée au Musée d’art de Joliette par la commissaire indépendante Nicole Gingras. Une importante exposition, Table d’écoute (2015), se tient au Musée régional de Rimouski produite par le commissaire Patrice Loubier.
Il est actuellement artiste-invité au Studio national des arts contemporains, Le Fresnoy.
